La Covid, la fuite en avant des comptes publics et la création monétaire

Emmanuel Macron l’avait annoncé, l’Etat paiera. Sans doute est-ce nécessaire pour préserver les capacités des pays à rebondir une fois que la crise sanitaire sera passée. Mais cette politique entraine une forte augmentation de la dette des Etats, près de 120% du PIB pour la France, 160% du PIB pour l’Italie.

Qui prête aux Etats ? 

Vous, principalement au travers des fonds en euros, mais aussi les Banques Centrales. Depuis le 1er janvier 2020, le bilan de la Banque Centrale Européenne, notamment en raison de son programme de rachat de dettes, a augmenté de près de 2 000 milliards d’euros, l’équivalent du PIB de la France.

Cela revient à créer de l’argent, et créer autant d’argent risque d’avoir des conséquences, parmi lesquelles :

o Une augmentation de la valeur des actifs (et vous comprenez maintenant pourquoi les cours de bourses se sont relativement maintenus pendant cette crise, pourtant très violente)

o Et potentiellement un retour de l’inflation. D’autant que la BCE dit réfléchir à un objectif nouveau avec des taux pouvant aller au-delà de 2%…

Les fonds en euros, une solution intéressante depuis 40 ans, mais qui arrive en bout de course

Depuis plus de 40 ans, le support en euros du contrat d’assurance-vie AFER (puis ceux des autres contrats d’assurance-vie) a offert aux épargnants à la fois la sécurité (le capital étant garanti par l’assureur), la liquidité (votre épargne étant disponible à tout moment), et la performance :

+ 10,95% net* en 1979, + 9,62% net* en 1989, + 6,23% net* en 1999, + 4,12% net* en 2009, + 1,85% net* en 2019.

*Taux de rendement du Fonds Garanti en euros Afer, net de frais de gestion administrative du contrat et hors prélèvements sociaux et fiscaux. 43 Milliards € d’encours gérés au 31/12/2019. Fonds crée en 1976. 

Taux de rendement net = [(1+taux de rendement brut) * (1-taux de frais de gestion du contrat)]-1. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Pour offrir à la fois garantie, liquidité et performance, les assureurs ont prêté votre argent à des Etats(majoritairement l’Etat français), à des organismes publics, à des entreprises. Les prêts ou obligations représentaient près de 90% des actifs du Fonds Garanti en euros de l’AFER à fin 2019 (portefeuille consultable sur https://www.afer.fr/support/fond-euro/).

Or aujourd’hui, en prêtant pendant 10 ans à l’Etat français, vous recevrez moins à terme que ce que vous avez prêté, le taux étant négatif (-0.33% / an pour l’OAT 10 ans au 5/10/2020 sur boursorama.com).

Pour conserver un rendement positif, les gestionnaires doivent donc prêter à des Etats ou entreprises moins bien notées que l’Etat français. Mais même les prêts à de « bonnes » entreprises, notées BBB, rapportent aujourd’hui souvent moins de 1.5% par an.

Les rendements à venir des fonds en euros se rapprocheront probablement de ces taux, entre 0% et 1% par an, au fur et à mesure que les anciens prêts et les anciennes obligations seront remboursés, et que de nouveaux seront contractés aux taux très faibles du marché.